Historique
La brève histoire du Xing Yi
Le Xing Yi est généralement considéré comme le style d’art martial interne chinois le plus ancien, si nous prenons compte du Xin Yi ancien, le style duquel origine le Xing Yi actuel. Dans ces deux styles, les fondements de la théorie ne diffèrent pas beaucoup. C’est la pratique et l’interprétation de la théorie ancienne qui sont différents. En Chine, la plupart des gens croient que le fondateur du Xin Yi est l’empereur Ji Jike (ou Ji Longfeng), né dans la province de Shanxi, dans le nord de la Chine, et qui vécut à la fin de la dynastie Ming (1368-1644) et au début de la dynastie Qing (1644-1911), plutôt que Yue Fei, le général célèbre de la dynastie Song du sud (960-1279). L’histoire documentée à laquelle la plupart des gens croient est la suivante: un homme d’affaires, qui vivait dans la province de Hebei, voyagea jusque dans la province de Shanxi après qu’il eut entendu dire qu’il existait un art martial supérieur appelé Xin Yi dans la ville de Qi de cette même province.
Plus tard, il apprit ce style avec la famille Dai (Dai Long bang et Dai Kui, le fils de Dai Longbang), la dernière à avoir préservé ce style à cette époque. Au début, la famille Dai refusa de lui enseigner, car il n’en faisait pas partie. Cet homme d’affaire n’était nul autre que le fondateur du Xing Yi, le légendaire maître Li Luoneng, aussi appelé Li Laoneng. Il est né en 1803, mourut en 1888 et venait du village de Douwang dans la province de Hebei. Enfant, il adorait les arts martiaux. Avant même d’apprendre le Xin Yi, il était déjà célèbre. Il apprit les cinq éléments et les dix animaux du Xin Yi à Shanxi. Ensuite, il créa le Xing Yi moderne, après avoir maîtrisé le Xin Yi ancien. Plus tard, on l’invita à Taigu, une ville de la province de Shanxi, pour qu’il enseigne ce nouvel art. À cette époque, il avait huit élèves célèbres de la province de Hebei. C’est là qu’il ajouta les formes animales du Tai et du Tuo aux dix animaux qu’il avait appris avec la famille Dai, pour en faire le style du Xing Yi. Il changea la forme du chat par celle du tigre et créa la forme de liaison des cinq éléments. Il créa aussi d’autre formes, comme celle à deux personnes pour aider les élèves à maîtriser rapidement ce style difficile. Après son décès, ses étudiants continuèrent à développer cet art et le firent connaître dans le nord de la Chine. Li Luoneng devrait donc être reconnu comme le fondateur du Xing Yi. En Chine, plusieurs sont confus relativement à la progression et au développement de ce style. Pire, ils mélangent le Xing Yi et le Xin Yi. Voilà pourquoi plusieurs considèrent le Xin Yi comment étant le Xing Yi de style Shan Xi. Mais, c’est une erreur. Le Xing Yi de style Shan Xi provient du style Heibei et bien que le Xing Yi soit issu du Xin Yi, le style a été créé à Shanxi. Donc, le Xing Yi est le Xing Yi, mais le Xin Yi n’est pas le Xing Yi. Il n’y a pas de Xin Yi de style Hebei, bien qu’il y ait un Xing Yi du style de Shanxi.
Parlons maintenant du style de Hebei, qui comporte divers embranchements, mais dont les caractéristiques sont les mêmes. Très souvent, même les experts ne peuvent dire quelles sont les différences entre ces divers embranchements. Globalement, il y a les embranchements Li Cunyi, Shang Yunxiang, Zhang Zhaodong, Sun Lutang Branch et Xue Dian branch. Prenons la première génération (Li Luoneng) et la deuxième génération de ce style; elles ont peu de formes et de méthodes d’entraînement. Ensuite, les troisième et quatrième générations ont véritablement perfectionné ce style. Les dernières générations ont principalement basé leur système sur la théorie et les principes du Xing Yi originel. Quel que soit le style, il y a diverses figures de base qui lui sont propres et le Xing yi ne fait pas exception. Au siècle dernier, la plupart des maîtres de Xing Yi ont appris ou pratiqué à Tianjin, particulièrement les embranchements Li Cunyi, Zhang Zhaodong et Xue Dian, étant donné qu’ils étaient des figures connues du Xing Yi au sein du monde des arts martiaux. À l’époque, l’institut officiel des arts martiaux de Tianjin n’enseignait que le Xing Yi, où l’on avait préservé les pratiques originelles de ce style. Lorsque le Xing Yi se déplaça vers Beijing et les autres villes chinoises, il avait déjà été modifié, principalement dans certains de ses aspects liés aux démonstrations et à la santé. Certains ont même combiné le Xing Yi avec d’autres styles, tels que les styles du sud de la Chine. Ailleurs que dans le centre de la Chine, on a même mélangé le Xing Yi avec le Karaté, un style issu du Japon. Notre but est de garder cet art aussi pur et traditionnel que possible. Le temps est venu pour les amants du Xing Yi, style très efficace au combat et pour la santé, de revenir aux pratiques centenaires, cela afin d’obtenir le maximum de bénéfices lors d’une pratique sérieuse.